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5 questions à Jean Watin-Augouard, historien-vocatiologue, auteur de Osons notre vocation, pour contribuer de manière unique à un monde meilleur

5 questions à Jean Watin-Augouard, historien-vocatiologue, auteur de Osons notre vocation, pour contribuer de manière unique à un monde meilleur
Presse Edition 06/05/2020
Pourquoi en tant que historien des marques, avoir choisi le thème de la vocation?
Jean Watin-Augouard : L’idée d’écrire sur la vocation m’est venue après une longue maturation qui remonte au début de ma carrière quand j’enseignais. Avoir en face de soi, dans une salle de classe, des jeunes, c’est être confronté à des interrogations sur leur avenir, leur vocation. Le souhait d’écrire s’est précisé quand en tant que journaliste, historien des entreprises et des marques, j’ai j’analysé la singularfité et les motivations des créateurs d’entreprise, de marques. Ils sont tous animés par une vision, portés par une vocation. La marque est un défi lancé par l’homme au monde avec pour dessein de le changer et pour destin de le prolonger. Là est la vocation du créateur/trice de marque. Mais la vocation n’est pas le seul apanage des créateurs de marque, loin s’en faut. C’est l’objet de ce livre que de dépoussiérer le mot vocation longtemps attribué à la vocation religieuse et de monter qu’elle est le propre de l’homme.

C’est quoi pour vous la vocation?
Jean Watin-Augouard : Qu’entend-on par vocation? Si l’on se réfère à l’étymologie, vocatum de vocare soit «appeler», par le biais de la vox, la « voix », la vocation peut se définir comme «un appel à…», une voix que l’être humain est destiné à recevoir, à entendre, qui lui pose «la» question existentielle : «Qu’es-tu venu faire de singulier sur cette Terre? Quelle empreinte originale souhaites-tu y laisser? Quelle contribution souhaites-tu apporter?» Voix qui le conduit vers sa voie, son chemin de vie, sa destinée grâce au don ou talent lui aussi singulier ou disposition innée, qu’il a reçus. Cet appel le conduit à regarder le monde, à l’interroger. Et ce monde le renvoie à sa propre interrogation à laquelle il est le seul à pouvoir donner une réponse singulière, une réponse qui lui est propre et qui va le guider toute sa vie pour creuser son sillon. Ainsi, la vocation singularise chaque être humain «appelé» à trouver sa raison d’être sur Terre, à trouver sa finalité.
Il peut accomplir sa vocation en l’incarnant dans un métier, qui est une modalité de la vocation. Ainsi, être enseignant, médecin, chercheur, data analyste…n’est pas une vocation mais une modalité de la vocation. On commet souvent l’erreur de confondre vocation et métier. On n’a qu’une seule vocation mais on peut exercer dans sa vie plusieurs métiers à condition qu’ils correspondent à la finalité de la personne, sa raison d’être. Il y a autant de vocations uniques qu’il y a d’êtres humains. Exemple concret : la centaine d’artisans compagnons au chevet de Notre Dame ravagée par un incendie il y a un an ont pour vocation de magnifier, chacun à sa manière, par ce chef d’œuvre architectural, mille ans d’histoire de la chrétienté et pour modalité d’être, dans ce chantier titanesque, cordiste, tailleur de pierre, grutier, maître verrier, architecte, archéologue, conservateur du patrimoine,…


Chacun doit-il trouver sa vocation et comment?
Jean Watin-Augouard : Chacun doit effectivement trouver sa vocation, au risque d’être en souffrance si on ne la rencontre pas. Il faut d’abord être convaincu d’en avoir une pour se placer en situation de l’accueillir. Car pour être «appelé à», encore faut-il être en état de recevoir cet appel, être en quelque sorte «branché», connecté, être à l’écoute, être en demande de sens, être assoiffé de, en avoir envie, le désirer, le souhaiter. C’est une voix qui parle en nous pour nous guider vers notre voie. L’existence nous donne constamment rendez-vous avec notre vocation en nous convoquant, en nous invitant à nous rencontrer avec nous-même, avec autrui, avec le monde. Les déclencheurs sont multiples : une rencontre, une lecture, une parole, un regard, un lieu, un exemple, une expérience, une maladie, une psychanalyse, etc…, autant d’occasions qui, entendons dire, «a changé ma vie». On parle alors d’un «coup de foudre», comme pour une rencontre amoureuse.

Y-a-t-il un âge pour trouver sa vocation?
Jean Watin-Augouard : Il n’y a pas d’âge car la vocation peut souvent surgir quand on ne l’attend pas. Sa découverte peut être précoce, progressive ou tardive, émerger après un long apprentissage. Elle peut apparaître chez certaines personnes comme une évidence, le «bon sang, mais c’est bien sûr!», elles savent très tôt ce pour quoi et pour qui elles sont nées. Mais il est aussi des vocations plus cachées, enfouies qui surgissent vers la quarantaine quand on prend conscience que l’on s’est trompé de chemin.


«Osons notre vocation pour contribuer de manière unique à monde meilleur»  est le titre de votre ouvrage. Cette affirmation est-elle encore plus valable aujourd’hui dans le contexte que nous traversons?
Jean Watin-Augouard : Absolument, la crise sanitaire mondiale vient nous interroger brutalement sur notre raison d’être sur Terre et sur les modalités que nous avons choisies qui, pour certaines, nous conduisent droit dans le mur. Règle d’or de la vocation : elle est altruiste, centrifuge quand le développement personnel est tourné vers soi, centripète. Agissons de telle manière que chacune de nos créations soit un accomplissement de notre vocation et la preuve de notre singularité pour bâtir un monde meilleur. La vocation, enjeu personnel, est aussi un enjeu sociétal et universel.


A propos de l’auteur
Diplômé de Sciences Po Paris, titulaire d’un DEA Histoire (Sciences Po Paris), Jean Watin-Augouard est conseil en valorisation des entreprises et des marques par leur histoire humaine et leur contribution au bien commun. Auteur de livres sur les créateurs de marque et leur vocation, il souhaite partager son expérience et ses recherches afin que chacun puisse trouver et accomplir sa vocation. Il est, en particulier, l’auteur du Dictionnaire des marques (1997, JVDS/Sediac), Marques de toujours (2003, Larousse/TM Ride), Histoire de marques (2006, Eyrolles/TM Ride) et de A vos marques (2013, Eyrolles/TM Ride).

Osons notre vocation, pour contribuer de manière unique à un monde meilleur, TheBookEdition.com, 296 pages, 20 €