Presse Edition

pub
Recherche

Le collectif Correcteurs précaires se fait entendre au Salon du livre


Presse Edition 12/04/2017
Le collectif Correcteurs précaires a tracté à l'entrée du Salon du livre, le soir de l'inauguration, jeudi 23 mars. Ils réclament une amélioration de l'Annexe IV qui régit le statut des Travailleurs à domicile et alerte sur le développement de l'auto-entreprenariat sous pression des employeurs.

 

Communiqué du Collectif Correcteurs précaires

Les fameux contrats anglais «zéro heure» existent depuis longtemps déjà en France.
Mais où donc?
Dans les maisons d’édition.
Dans les maisons d’édition? Fleuron de la culture française, des Lumières, e tutti quanti…?
Hélas, oui.
Voici comment travaillent et vivent les correcteurs, préparateurs de copie, lecteurs.
Cet expert du texte, qu’on appellera correcteur pour simplifier, est dit multi-employeurs car il est censé travailler pour plusieurs maisons d’édition ; «censé» car, le travail salarié se faisant de plus en plus rare, 90% des correcteurs ne travaillent que pour un seul employeur.
Un correcteur est travailleur à domicile (TAD) ; il peut être embauché en CDD.
Jusque-là tout va bien.
La plupart du temps, sans avoir signé de contrat, s’il travaille régulièrement pour une maison d’édition, le correcteur est en CDI de fait, mais sans aucune garantie d’un nombre d’heures travaillées, ni aucun revenu fixe et prévisible, l’annexe IV de la Convention nationale de l’édition qui régit le statut des TAD n’imposant aucune obligation aux employeurs d’un salaire mensuel minimum. Il doit se tenir en permanence à disposition de l’entreprise, qui l’emploiera une heure, quinze heures, cent vingt heures ou pas du tout dans le mois. Il est payé à la tâche, au nombre de signes, à un salaire horaire trop bas, et parfois dans des délais qui ignorent que certains jours sont chômés. Si un manuscrit est en retard ou annulé, le correcteur n’a aucune compensation, il se retrouve avec un compte en banque dans le rouge et ses yeux pour pleurer.
Étant en CDI, et bien que cotisant, il n’a pas droit aux allocations chômage.
C’est un intermittent… sans le statut de l’intermittence!
Pour résumer, le correcteur est le rêve du libéralisme absolu : il dépend de l’offre… et se rue sur elle, quand elle se présente à lui.
Mais le libéralisme absolu a trouvé encore mieux.
Encore mieux?
Est-ce possible?
Eh oui, l’autoentrepreneur, ou le salarié déguisé, auquel les maisons font de plus en plus appel, car ce dernier coûte encore moins cher. L’entreprise n’a plus de charges à payer.
Nous sommes en négociation depuis plusieurs mois. En mars, une intersyndicale a proposé aux employeurs des améliorations à l’annexe IV. Les principales : avoir l’espoir de pouvoir travailler le même nombre d’heures que l’année précédente. Et la possibilité de lisser les revenus annuels de manière à avoir un salaire mensuel fixe… Déjà les employeurs ont fait comprendre que «ce statut devait rester attractif pour les employeurs et… pour les salariés».
Nous demandons que ces améliorations soient adoptées et refusons d’indexer notre attractivité sur notre pauvreté!

Pour signer la pétition


Newsletter

Recevez gratuitement
tous les 15 jours la newsletter
de Presse-Édition

Votre adresse email :



pub