Presse Edition

pub
Recherche

Prix littéraires : quels impacts sur le marché du livre ?


Presse Edition 09/01/2013

Les prix littéraires sont des accélérateurs des ventes
Les ventes générées par les prix littéraires sont un bol d’air pour le marché du livre. Une véritable consécration pour un auteur et une maison d’édition. L’impact économique se ressent immédiatement dès l’attribution d’un prix. La semaine qui suit la remise du prix peut ainsi voir les ventes multipliées par un coefficient de 2 à 5. Sans oublier que ces prix sont décernés 6 à 8 semaines avant Noël, et que les ventes du mois de décembre pèsent en littérature générale entre 15 et 20% des ventes annuelles.


Le phénomène Goncourt

Le Goncourt reste le prix littéraire le plus connu du grand public, celui qui appui le plus sur les volumes de ventes. Si d’autres prix lui volent parfois la vedette, comme ce fut le cas pour Chagrin d’école de Daniel Pennac, prix Renaudot en 2007, qui s’était vendu à 822.000 (2), l’attribution du Goncourt offre les meilleures retombées. La moyenne des ventes des différents ouvrages primés entre 2005-2011, s’élève en effet à 431 000 exemplaires (2). Un prix Goncourt peut représenter entre 10% et 35% des ventes de fin d’année d’un éditeur ! C'est dire la force de l’impact.
L’effet Goncourt doit cependant être relativisé car la notoriété de l’auteur contribue forcément à l’accélération des ventes. Alexis Jenni, célébré en 2011 pour L'Art français de la guerre, a dû se « contenter » de la moitié des ventes de Jonathan Littell pour Les Bienveillantes, Goncourt 2006 (également primé par le prix de l’académie Française), dont le titre a totalisé 481.000 ventes en grand format, signant un record ces 7 dernières années.


Prix et surprises

Les prix d’automne suscitent presque tous les ans une ou plusieurs polémiques. Ainsi le prix Renaudot a surpris cette année en couronnant la Rwandaise Scholastique Mukasonga pour son livre Notre-Dame du Nil (Gallimard), alors que l’écrivain ne faisait pas partie de la sélection finale ! Autre surprise de taille, Emmanuelle Pireyre, totalement inconnue du grand public et loin d’être favorite, qui a obtenu le Médicis pour Féerie générale (L'Olivier). L’année a également été marquée par les fuites sur Twitter, augurant d’un bouleversement des vieilles habitudes. Tant pour le Grand prix du roman de l'Académie française que pour le Femina ou le Médicis, ce sont les éditeurs, hebdomadaires spécialisés, journalistes ou membres des jurys en personne qui ont annoncé en avance les noms des lauréats à partir de leurs comptes.

Des lecteurs aussi prescripteurs
L'automne est la saison des prix littéraires décernés par des jurés « professionnels », écrivains ou journalistes. Le printemps voit quant à lui, fleurir les prix attribués par des jurys de lecteurs tels que ceux du magazine ELLE, de RTL-Lire ou de France Inter, etc. Ces prix permettant à leurs lauréats de bénéficier d’une couverture médiatique qui donne au bouche à oreille le temps de s’installer. Le prix des lectrices de l’hebdomadaire ELLE excède ainsi les retombées d’un Goncourt avec une moyenne des ventes s’élevant à 441.250 exemplaires (vs 431.000 au Goncourt) (2). La deuxième vie de ces prix est souvent « mieux » vendue en poche qu’en première édition. Un Secret de Philippe Grimbert, prix des Lectrices de ELLE en 2005, s’était ainsi vendu en grand format à près de 100.000 ex. et à 880.000 ex. en poche ! La Couleur des sentiments de Kathryn Stockett (éd. Jacqueline Chambon) distingué du même prix en 2011, s’écoulait entre 3.000 à 5.000 ex. par semaine. Des ventes qui ont doublé lorsque l’ouvrage a été primé.

(1) Le Goncourt des Lycéens est organisé par la Fnac et le Ministère de l’Education nationale avec l’accord de l’académie Goncourt.


(2) Ventes Grand Format + Poche

Le Panel Livres Ipsos MediaCT est composé de 2.400 points de vente représentatifs des circuits de distribution de vente de livres neufs au détail : librairies de premier et second niveaux, grandes surfaces culturelles, grandes surfaces alimentaires et librairies on line (intégrées depuis janvier 2012). Les données de ventes sont des estimations obtenues à partir des ventes réelles (ventes comptabilisées aux caisses des magasins), enregistrées en France métropolitaine. Il exclut les ventes réalisées à l’export et dans les Dom-Tom, les ventes aux grossistes et la VPC. Sont exclus du panel les livres scolaires, les foires aux livres ainsi que la majeure partie des ouvrages à TVA 19,6%.