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Questions à François Blanc, président fondateur de Communic'Art

Questions à François Blanc, président fondateur de Communic'Art

Presse Edition 10/06/2020
Communic’Art dont vous êtes le fondateur, vient de publier Paroles de confinés au temps du coronavirus- Quand l’humanité vit une tragédie, l’art est
une ancre,
un totem,
un baume et une boussole. Pourquoi avoir édité cet ouvrage et quels sont vos objectifs?

François Blanc
: Quand l’humanité est menacée, face à la tragédie, il faut affirmer une éthique. Pour paraphraser Camus «la seule façon de lutter contre la peste, c'est l'honnêteté… Elle consiste à faire son métier». Notre métier, à l’échelle d’une équipe soudée de professionnels de la communication, c’était de nous tenir en permanence aux côtés de nos clients et de nos amis artistes, galeristes, journalistes, responsables d’institutions publiques ou privées. Et les aider, dans un environnement chamboulé, à redéfinir leur métier et imaginer des solutions pour le moment et pour l’après. Depuis la mi-mars, nous avons alimenté notre blog Art 360 by Communic’Art  d’interviews de professionnels, dont nous-mêmes, résistants au coup de frein global. Cette somme de réflexions et d’actions porte le témoignage d’une crise sans précédent et servira d’outil pour anticiper. A chaud, Communic’Art voulait clamer dans le tumulte une conviction fondatrice : l’art ne peut pas tout, mais rien n’est possible sans art.

En introduction de cet ouvrage vous écrivez : «Les professionnels de la culture, se sachant en grand péril sous le double effet du blocage immédiat des déplacements et de la crise économique à venir, se devaient de réagir en commençant par maintenir et entretenir les liens. Parler à ses équipes, s’adresser à ses clients, veiller à la santé des uns et des autres : pour Communic’Art, il n’y avait pas d’autre réponse possible à l’inquiétude partagée...». Réagir, oui, mais comment?
François Blanc : En temps de crise il faut parler vite et fort. La fonction de la communication, c’est de nouer le fil de soie qu’est la confiance, puis de le protéger. Tout particulièrement dans le chaos, il fallait occuper le terrain, donner confiance et montrer la direction. Parler juste. Ne pas laisser place au vide et à l’incertitude. Au moment où le confinement brisait net les liens directs et physiques, nous avons cherché à aider les acteurs de monde de l’art à  trouver d’autres manières de faire savoir qu’ils se tenaient debout, beaucoup par le numérique. Dans un contexte évidemment bouleversé, mais à son poste.

Quelle est la place du numérique dans cette nécessaire communication avec ses différents publics?

François Blanc : Pour exister, il faut être visible, et pour être visible, il faut être fort sur internet et les réseaux sociaux. La crise a accéléré ainsi la bascule numérique trop longtemps différée par les professionnels, galeristes, musées, engagés dans le présentation physique des œuvres. Le débat théorique sur l’expérience physique de l’œuvre a enfin été tranché : le virtuel est une invitation à pousser la porte des musées et des galeries. Une viewing room ne se juge pas au volume des ventes à distance mais à l’impact sur la notoriété d’un artiste ou l’identification d’un lieu d’exposition. C’est un élément, indispensable, d’une démarche commerciale nécessairement globale. Les acteurs qui avaient déjà mis en œuvre une stratégie digitale, avec une identité affirmée et une dextérité dans l’utilisation des moyens, sortiront renforcés de cette crise. Ce n’est pas un hasard si certaines grandes galeries n’ont pas hésité à embaucher des spécialistes de la communication au moment où ils viraient des commerciaux devenus inutiles par l’annulation des foires, se hissant, par le contenu éditorial et la sélection d’œuvres, au niveau des grands musées. De longue date, Communic’Art avait choisi d’affirmer sa présence sur Instagram, Facebook, LinkedIn. En mettant cette force de frappe au service de nos clients, ils ont pu se faire entendre, très vite et très fort.

Dans votre ouvrage, vous publiez de nombreuses interviews d’acteurs du monde de l’art. Quels ont été vos critères de choix?

François Blanc : Alors que la culture était aux arrêts, j’ai voulu montrer la détermination des professionnels à sauvegarder les moyens de diffusion des œuvres. Clients ou amis de Communic’Art, ils ont immédiatement saisi que de leur réaction pendant la crise dépendait l’avenir d’un secteur économique et, au-delà, de l’idée que la France se fait de l’Art. Ce milieu qui passe pour individualiste a révélé un faisceau de liens d’interdépendances entre artistes et galeristes, galeristes et collectionneurs, collectionneurs et musées, musées et visiteurs, visiteurs et médias, et de chacun de ceux-là avec tous les autres. La diversité des interviews le montre.

Vous abordez également une indispensable aide à la presse et en particulier à la presse spécialisée.
François Blanc : A force de s’entendre dire qu’ils avaient perdu toute crédibilité, puis toute pertinence économique, une grande partie des journalistes avaient fini par ne plus croire à la presse. Pour comprendre les bouleversements du secteur de la Culture, pour ne parler que de celui-là, les professionnels se sont tournés vers la presse pour accéder à une information de qualité et aux analyses contradictoires indispensables pour anticiper. Les sites, les quotidiens et les hebdomadaires payants ont acquis de nouveaux abonnés. Les marques de presse de qualité ont dynamité les frontières entre le kiosque et le digital. J’ai conseillé à mes clients d’encourager ce rebond. On constatera, lorsque l’heure du bilan sera venue, que cette crise a permis à certains acteurs de renouer des liens de confiance avec une presse elle-même réhabilitée auprès des lecteurs. C’est le moment pour soutenir ces titres, d’un point de vue publicitaire et par l’abonnement.

En terme de communication dans le secteur de l’art, y aura-t-il un avant et un après pandémie et confinement?
François Blanc : La bonne nouvelle de cette crise, c’est que l’audience des réseaux sociaux et celle de la presse ont progressé ensemble. Je veux croire que la crise aura eu la peau de la vieille distinction entre le print et le on line. On va enfin pouvoir tourner la page d’un débat creux entre numérique et physique pour proposer des stratégies de communication qui marchent sur leurs deux pieds. Pour diffuser un message, tous les médias, tous les supports, toutes les techniques peuvent être mobilisées en cohérence en fonction de la cible visée! L’expérience inédite du  confinement est singulière, mais elle démontre la nécessité de maîtriser, «en même temps», les vieux et les nouveaux médias! Museum TV, la seule grande chaine de l’Art, a su imposer son identité spécifique par une présence sur tous les supports de communication à la fois.

Comment peut-on se procurer Paroles de confinés au temps du coronavirus- Quand l’humanité vit une tragédie, l’art est
une ancre,
un totem,
 un baume et une boussole?
François Blanc : Nous avons massivement informé de la publication de notre livre par notre newsletter et sur les réseaux sociaux, et offert la possibilité de le lire ou de le télécharger gratuitement via ce lien. Le livre sera également disponible, à partir du 25 mai, via Amazon, Fnac et les autres plateformes de vente, en format numérique (3,90 €) et papier (9,90€) et bien évidemment en librairie. L’intégralité des revenus tirés de la vente sera reversée à une association de soutiens aux soignants de l’AP-HP (Assistance Publique-Hôpitaux de Paris).


A propos de François Blanc

Fondateur  de Communic’Art depuis 2004. agence conseil en communication, dédiée au monde de l’art , du design, de l’architecture, de la culture.
Fondateur et dirigeant de Creapress 1985 - 2004.
Fondateur d’Archipresse Media Consulting depuis 2004.
Fondateur et dirigeant de Creapress pendant plus de 20 ans, l’un des directeurs de création les plus primés de son métier, François Blanc met son expertise et sa passion au service de ses clients, des entreprises et de la presse kiosque.
Depuis 2004 : Fondateur de Albus, groupe de communication corporate
Archipresse Media Consulting : conseil en stratégies éditoriales plurimedia, nouvelles formules presse, Internet, Intranet, contenus, éditions déléguées, animation de réseaux
Lectoris : études de lectorat, audits de publication
Initiales BB : stratégies éditoriales de réseaux, contenus print et multimedia
Communic’Art : l’agence conseil en communication du monde de l’art
De 1998 à 2004 : Membre du Comité Exécutif de BBDO Paris - Directeur associé de BBDO Corporate - Président – Directeur de la création de CREAPRESS
De 1985 à 2004 : Fondateur -Directeur de la création de CREAPRESS,  Agence conseil en communication écrite print et multimedia
De 1984 à 1985 : Directeur des nouveaux projets BAYARD PRESSE
De 1981 à 1984 : Directeur de rédaction aux Publications MICHEL HOMMEL
De 1978 à 1981 : Secrétaire général de rédaction aux Editions LARIVIERE