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Entretien avec christophe Dudit, Président de Cloître

Entretien avec christophe Dudit, Président de Cloître

presseedition.fr 16/06/2021

Dans votre vie professionnelle, vous faîtes très souvent référence au Rugby  "un sport de voyous  pratiqué par des gentlemens". De quel côté vous situez-vous ?
Christophe Dudit : Plutôt gentlemen car autant j’aime le combat mais j’aime qu’il soit fait dans les règles

Plus sérieusement quelles sont les valeurs de ce sport que vous  appliquez  dans votre entreprise?

Christophe Dudit : L’audace et l’engagement . Sur un terrain de rugby, il faut savoir s’engager sinon on se fait marcher dessus. Pour une entreprise, il faut avoir de l’audace et aussi cette notion d’engagement de tous pour un objectif. Pour moi une entreprise, c’est avancer ensemble sur un objectif commun. Sur un terrain,  on a besoin de tout le monde, du gros, du petit pour gagner le match. Dans l’entreprise, on a aussi besoin de chacun avec son savoir-faire et ses talents particuliers.

Fils d'imprimeur, vous choisissez pourtant de débuter votre carrière en 1998, dans la mécanique/chaudronnerie?
Christophe Dudit : Tout simplement car je n’ai pas été élevé dans la carrière du père. J’ai orienté mes études vers la mécanique et la productique car on aurait toujours besoin de production. Je suis tombé dans l’imprimerie par hasard. Mes études de qualiticien m’ont amené vers un poste dans la mécanique et au fil des rencontres, l’imprimerie

Vous découvrez l'informatique, le commercial, puis vous rejoignez finalement une imprimerie à Bordeaux en 2000. Après avoir occupé pratiquement toutes les fonctions dans cette imprimerie vous tentez de la racheter, mais en vain?  Pourquoi cette passion tardive?
Christophe Dudit : Lorsque je suis rentrée dans cette imprimerie, j’ai eu la chance d’avoir des patrons qui m’ont laissé m’exprimer, d’évoluer dans les différents services de l’entreprise. L’imprimerie est devenue une passion au fil de l’eau parce que c’est un métier de passion.

Vous rejoignez Cloître Imprimeurs en 2011, dont vous devenez le Président un an plus tard. Qu'est-ce qui vous a motivé pour reprendre cette entreprise?
Christophe Dudit : Je ne pensais pas devenir patron. J’ai avancé au gré des opportunités. Cloître est venu à moi à un moment. Je connaissais les anciens dirigeants et le dirigeant de l’époque avec les valeurs que dégageait l’entreprise. Cela m’a semblé naturel de prendre sa direction car elle était proche de mes propres valeurs. C’était presque une évidence.

70 % de votre CA est réalisé sur les 5 départements bretons . Etes-vous un militant du produire local?
Christophe Dudit : Militant je ne sais pas. Mais je préfère qu’on travaille local car je crois beaucoup à l’économie vertueuse : si je fais travailler le commerce local, cela va générer des emplois, etc.. ; je ne suis pas un ayatollah de l’achat local car de temps à autres, cela peut être compliqué mais si à tarif égal ou même un peu plus cher, je préfère un fournisseur  local avec qui je partage des valeurs.

Comment avez-vous géré la période de crise que nous venons de traverser?
Christophe Dudit : Plutôt pas mal finalement car l’entreprise est plutôt agile. L’ensemble des équipes a su se serrer les coudes pour assurer la pérennité de l’entreprise.  Au départ, on ne savait pas du tout où on allait. On passe de 120% de carnets de commandes ( février et mars sont de gros mois pour nous) à 30%, et là cela fait très drôle. On a su, je pense, les uns les autres faire face. On n’a pas paniqué. On a beaucoup communiqué en interne pour expliquer l’activité, les mesures, ce qui nous arrivait, ce vers quoi on allait. Petit à petit, chacun s’est pris en mains. On a changé nos façons de faire et c’est là qu’on voit que chez Cloître, on voit qu’on a des équipes qui sont au top. Tout le monde a joué le jeu. Aujourd’hui, alors que l’activité redémarre, on est même plus fort qu’avant. On arrive avec un peu moins de personnes à faire le même job qu’avant voire mieux. La crise  nous a permis de nous remettre en cause et continuer à avancer.

Votre politique pédagogique pour vos clients et prospects? Stratégie commerciale ou véritable besoin de transmettre?
Christophe Dudit : Qui de l’œuf ou la poule. En tous cas, c’est une conviction. Il faut donner aux gens les bonnes informations pour qu’ils fassent les bons choix. Si cela peut servir notre stratégie commerciale, tant mieux : on n’est pas des philanthropes non plus. A la base, c’est une réelle conviction portée par l’ensemble de l’équipe. Nous avons un métier, des techniques complexes qu’il faut expliciter pour rassurer le client et lui faire prendre les bonnes décisions.
   
La pandémie et les mesures sanitaires liées au Covid 19 ont fortement affaibli le secteur de l'imprimerie, notamment dans le labeur. Conséquences de cette crise économique, un grand nombre d'imprimeries déposeront le bilan à la rentrée 2021. Etes-vous susceptibles de reprendre certaines d'entre elles et sous quelles conditions?
Christophe Dudit : Depuis de nombreuses années, on reste en veille en matière de croissance externe. Aujourd’hui, on n’a pas forcément de cibles. Mais si un candidat se présentait, on regarderait ce que cela peut nous apporter en termes de valeurs ajoutées pour Cloître. Cà été le cas lors de la reprise il y a 4 ans de Primset (à la barre du tribunal) car son savoir-faire en matière de grand format nous donnait un vrai plus/une nouvelle compétence. On ne le regrette pas aujourd’hui car c’est un segment de marché en progression. Force est de constater que C’est une réussite pour nous. C’est dans ce sens là qu’on imagine la croissance externe.
    
Que vous a apporté votre engagement et qu'avez-vous apporté aux adhérents,  en tant que Président du groupement Impriclub?
J’espère avoir apporté aux adhérents autant que le groupement a pu m’apporter. C’est le partage des informations, la découverte des façons de faire des autres entreprises. Citation de Ivan Illitch : "pour grandir, ce dont l’homme a besoin c’est du libre accès aux évènements, aux lieux, aux choses, aux méthodes". C’est ce que j’ai essayé d’offrir en tant que président d’Impriclub c’est de maximiser les rencontres pour pouvoir apprendre des autres et grandir.

Votre actualité et vos projets à court et moyen terme
Christophe Dudit : Absorber le rebond! Parce que les mois qui vont arriver vont être très tendus car les effectifs ont été réduits dans toute la chaîne graphique (Chez Cloître, nous n’avons pas remplacé les personnes partant à la retraite ou ayant choisi d’aller travailler dans d’autres secteurs ou de lancer leur propre activité). On a été obligé d’adapter la voilure à l’activité. Aujourd’hui, le redémarrage n’est pas aussi évident : c’est pas seulement on/off. C’est plus tendu sur l’appro des matières premières, les délais attendus par les clients qui reprennent aussi leur activité (besoin de délais courts) et tout cela avec des hausses de prix matières. Cela, il va falloir le digérer et repartir de l’avant pour redévelopper notre business sur la Bretagne et ailleurs éventuellement !

 

A propos de Christophe Dudit

S’il avait un père imprimeur, c’est un peu par hasard que Christophe Dudit s’est retrouvé dans la profession. Il débute sa carrière en 1998 en tant que responsable qualité dans une entreprise spécialisée en mécanique et chaudronnerie. Curieux par nature, il s’intéresse à ce qui l’entoure et devient responsable informatique, puis chargé d’affaires. Ce qui le motive depuis toujours, c’est la notion de "travailler ensemble pour progresser". Il aime fédérer les équipes, convaincu que seul, on va plus vite, mais qu'ensemble, on va plus loin. Cette valeur l’anime aussi dans son sport favori : le rugby. En 2000, Christophe Dudit rejoint une imprimerie à Bordeaux. Il remplit tour à tour les fonctions de responsable qualité et informatique, responsable achat, responsable production, avant de prendre la direction du site en 2005. Lorsque l’occasion se présente, il envisage de racheter Korus à ses patrons, mais le projet n'aboutit pas. En 2011, il entame le rachat de Cloître imprimeurs à Landerneau (29) et en devient le président en 2012. Il s’inscrit dans une logique de transmission et de pérennisation de l’outil et des emplois dans la région. Le Finistère lui plaît car il y trouve une authenticité et des valeurs fortes qui lui correspondent et lui rappellent sa région d’origine, la Vendée.En 2016 il prend la présidence du groupement Impriclub afin «d’essayer de redonner autant qu’on a reçu», à un groupement qui a des valeurs très proches de celle de Cloître «seul on va vite ensemble on va loin…».


A propos de Cloître
Cloître, créé en 1937 par François Cloître à Landerneau
• 97 salariés à ce jour
• 4 implantations : siège à St Thonan (près de Landerneau avec l’atelier offset, offset numérique et façonnage), atelier grand format à Quimper et 2 agences commerciales à Rennes et à Paris
• 2.400 clients actifs en 2019 (2020 est une année particulière) et 14.000 dossiers pour un CA de 14,5 M€
• En 2020, l'imprimerie  va tourner plutôt sur 2.000 clients actifs, 11.000 dossiers et un CA de 11 M€
• Positionnement : généraliste et apporteur de conseils
• Reconnus pour toutes les démarches pédagogiques (ateliers, webinars, guides, nuanciers) que nous lançons pour nos clients
• Nous Les commercialisation sur les 5 départements bretons : 70% du CA, 22% sur Paris/IDF et 8% en dehors
• Est considéré comme le 1er imprimeur breton
• Imprimvert, PEFC, FSC, ISO 12647