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Entretien avec Jean-Philippe Zappa, Délégué général de Culture Papier pour le développement durable du papier et de l’imprimé

Entretien avec Jean-Philippe Zappa, Délégué général de Culture Papier pour le développement durable du papier et de l’imprimé

Presse Edition 16/06/2010

Fin avril dernier, vous avez diffusé le manifeste Culture Papier en faveur du papier et de l’imprimé ? A qui était-il destiné et comment a-t-il été diffusé ?
Jean-Philippe Zappa : Le manifeste a été encarté dans l’Hémicycle, un magazine hebdomadaire parlementaire diffusé à plus de 6 000 exemplaires aux députés, aux sénateurs, aux ministres, aux membres des cabinets ministériels, aux attachés parlementaires, aux parlementaires français siégeant au Parlement européen, aux décideurs, aux journalistes…


Quel était l’objectif de cette opération ?
Jean-Philippe Zappa: Culture papier voulait s’inscrire dans une démarche de communication positive mais sans concession ! C’est à dire parler des bienfaits du papier, au niveau culturel, de son importance économique et sociale et de ses progrès environnementaux tout en dénonçant les contrevérités qui prospèrent en toute impunité !


Comment expliquez-vous que le papier soit souvent le bouc émissaire des écologistes ?

Jean-Philippe Zappa : jusqu’à présent, la filière papier et imprimé n’était ni organisée, ni structurée collectivement. C’était donc une cible d’autant plus facile qu’il n’y avait pas de réponse collective aux attaques. La profession a pris conscience qu’il était urgent de se rassembler. La création de Culture papier est une première démarche dans ce sens. Sa vocation : faire en sorte que les gens se parlent et travaillent davantage ensemble.


La dématérialisation des documents est pourtant incontournable et l’Etat veut donner l’exemple !
Jean-Philippe Zappa : Attaquer le papier arrange bien les tenants de la dématérialisation. De plus cela permet de faire des économies qu’on fait passer sur le dos de l’environnement. La volonté de l’état de réduire de 50% la consommation de papier dans les administrations pour des raisons d’économie est inattaquable. Parce que personne ne peut dire, « il faut que l’Etat gaspille plus ». Par contre prétendre que si on consomme moins de papier dans les administrations on peut sauver des forêts, c’est un argument qui est faux, fallacieux et qu’on ne pouvait pas laisser passer.


Mais c’est aussi un argument qui est repris par les entreprises du commerce et des services !

Jean-Philippe Zappa : Ce que l’on peut dire c’est que si vous voulez réaliser des économies et dématérialiser les factures pour des raisons environnementales, c’est très bien. Mais dans ce cas, il faudrait que 100 % des sommes colossales que vous gagnez profitent à vos clients ou soient investies dans des ONG, que nous, culture papier, associons à nos travaux !


Pourquoi s’adresser aux institutions et aux politiques, alors que l’éducation devrait se faire auprès du public ?
Jean-Philippe Zappa : C’est une autre étape. Nous avons différentes cibles. Les élus, parce que ce sont eux qui votent les lois, qui décident. Eux également qui influencent parce qu’ils vont reproduire un certain nombre de comportements dans leurs circonscriptions. Nous avons deux autres cibles, l’une sur le grand public. Et une autre qui vise plus les décideurs économiques, les annonceurs, afin leur démontrer les vertus environnementales du papier et son efficacité démontrée en matière publicitaire.


Qu’attendez-vous de ces élus ?
Jean-Philippe Zappa : un groupe de travail « Culture papier » vient de voir le jour à l’Assemblé nationale. Il regroupe déjà une soixantaine de députés. Ce groupe est présidé par Michel Lejeune, député de Seine Maritime. J’ai été surpris par ce que m’ont dit certains élus « c’est vrai que lorsque nous avons voté la loi Grenelle 1, nous ne nous sommes pas suffisamment posé de questions à ce sujet !». Parce que nous savons que les députés sont débordés, qu’ils doivent se prononcer, dans un même temps sur différents sujets , nous voulons mieux leur faire connaître notre filière, nos spécificités, les progrès que nous avons réalisé… Nous espérons ainsi que la prochaine fois qu’ils auront à voter des textes de lois concernant le papier et l’imprimé, il y ait moins d’inepties qui ressortent. Dans leurs municipalités, leurs circonscriptions, nous aimerions qu’ils soient porteurs d’un nouveau message sur le papier et l’imprimé !


Quels moyens allez-vous déployer pour toucher le grand public ?
Jean-Philippe Zappa : La prochaine étape sera une diffusion massive du manifeste dans toute la France. Le but est d’en produire plusieurs centaines de milliers, voire quelques millions d’exemplaires. Le manifeste pourrait aussi être affiché dans les bureaux de Poste de l’hexagone. Nous souhaitons optimiser les moyens dont nous disposons aujourd’hui. Qui sont modestes. Mais nous avons la chance de compter au sein de Culture Papier, des papetiers et des imprimeurs et chacun peut apporter sa contribution en nature.


Souhaitez-vous élargir la liste de vos partenaires professionnels, et notamment dans l’édition ?
Jean-Philippe Zappa : Nous venons juste de lancer le mouvement et toutes les organisations sont les bienvenues. Presstalis, le Syndicat National des Editeurs d’Annuaires ou le groupement ImpriFrance notamment, nous ont récemment rejoint. Nous sommes en contact avec un ensemble d’organisations de la presse et de l’édition. Les syndicats d’éditeur de cartes postales ou le syndicat des fabricants d’enveloppes devraient nous rejoindre dans un bref délai.


De quelles manières ces organismes vont-ils contribuer à la vie de Culture papier ?
Jean-Philippe Zappa : Nous avons besoin d’eux et de moyens supplémentaires. Nous n’allons pas partir sur un tel combat avec peu de moyens. Et le fait que d’autres organisations professionnelles nous rejoignent, nous permet d’être plus encore représentatifs vis à vis des institutions. Notre politique aujourd’hui est de déployer une véritable stratégie de filière, à l’instar de celle du textile, qui est parvenu à fédérer des entreprises très différentes.


Pensez-vous mener des actions au niveau international ?
Jean-Philippe Zappa : Nous avons établi des contacts avec des associations homologues dans un certain nombre de pays européens. L’un des objectifs de Culture Papier est d’organiser au second semestre 2010 une réunion à Bruxelles avec les organisations européennes nous auront et qui ont les mêmes objectifs que les nôtres. Enfin, nous souhaitons, dans un proche avenir, réunir des élus européens et leur faire prendre conscience de l’existence d’un organisme puissant, qui représente toute une filière.