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Le Fabricant du Mois : Christophe Perrusson, Responsable fabrication des Editions Croque Futur

Le Fabricant du Mois  : Christophe Perrusson, Responsable fabrication des Editions Croque Futur

© photo Christophe Perrusson

 

presseedition.fr 16/06/2021
Avant d'être engagé par Le Point en 2003, vous aviez débuté votre carrière en tant que Fabricant à l'imprimerie Technigraphic. Que vous a apporté cette expérience pour votre carrière dans les médias?
Christophe Perrusson : Je venais de terminer mes études, cette expérience a été extrêmement positive pour moi : j’ai rapidement compris que la rigueur, la maîtrise des coûts mais aussi une communication efficace avec tous les intervenants (notamment les clients) étaient essentielles pour réussir dans ce métier. Le fait de connaître la chaîne graphique dans sa globalité m’aide tous les jours à mieux anticiper, éviter ou relativiser certaines erreurs.
 
Autre expérience, vous avez été chargé un certain temps de la gestion de la fabrication aux éditions Tallandier. Quelles sont les spécificités de la fabrication de livres par rapport à celle des magazines?
Christophe Perrusson : J’ai surtout en mémoire que les plannings changeaient continuellement afin de s’adapter au rythme des auteurs, certains livres pouvaient être décalés de plusieurs semaines à quelques jours d’imprimer. La périodicité d’un magazine impose au contraire des plannings stables, c’est une autre gymnastique. Et bien sûr on n’accorde pas la même importance aux défauts esthétiques entre un hebdomadaire, un livre de poche ou un beau-livre.

Depuis 2003, le monde des industries graphiques a connu un grand nombre d'innovations technologiques. Lesquelles vous ont plus particulièrement marquées?
Christophe Perrusson : Je triche un peu sur l’année mais j’ai vécu la fin du flashage des films, dont le côté artisanal avait son charme mais le CTP (Computer-to-Plate) a vraiment été pour moi le point d’entrée de l’imprimerie dans le numérique. Et bien sûr la généralisation du haut débit qui a permis de fluidifier les échanges, nous avons beaucoup gagné en efficacité. Je pense enfin que le secteur peut être fier des avancées environnementales de ces dernières années sur les films de routage, vernis, encres certifiées «blue angel»…
 
Comment avez-vous abordé le passage au numérique dans la presse et dans votre groupe?
Christophe Perrusson : Pour les hebdomadaires il est vite devenu évident qu’internet et papier devaient être complémentaires : offrir une grande réactivité sur l’actualité d’un côté, proposer des dossiers étoffés de l’autre. Même si le modèle économique était encore difficile à cerner il fallait être présent. Avec des mensuels la problématique est un peu différente : nos lecteurs sont attachés à l’objet papier qu’ils veulent collectionner et pouvoir relire des années après. Et le confort de lecture n’est pas comparable. Pour autant dès 2008 chez Sophia Publications nous avons numérisé et océrisé tous les anciens numéros pour les rendre consultables sur nos sites internet. Pour un titre plus que centenaire comme Historia c’est une ressource incroyable !
 
Comment sélectionnez-vous vos prestataires et sous quels critères?
Christophe Perrusson : Le prix, la qualité et la fiabilité des délais sont bien sûr importants. Mais la transparence et la communication sont essentielles au quotidien, s’il était possible de les mesurer objectivement en amont elles m’importeraient vraiment en tant que critères.
 
Question rituelle et incontournable, comment envisagez-vous l'avenir des industries graphiques et de la presse?
Christophe Perrusson : Plus que jamais face aux réseaux sociaux il faudra offrir des contenus de qualité aux lecteurs, à cette condition la presse papier aura encore sa place. Par ailleurs les publicités ciblées ont fait le succès de Google, pour autant les publicités papier semblent conserver un meilleur impact d’après de plus en plus d’études. Avec l’avènement des rotatives jet d’encre, si elles arrivaient à concurrencer les rotatives offset dans le futur, on pourrait imaginer un jour une personnalisation poussée de chaque exemplaire en fonction des goûts des lecteurs, même sur des tirages importants, ce qui renforcerait l’attrait marketing de la presse papier.

 

A propos de Christophe Perrusson
Après un BTS Industries Graphiques obtenu en 2000, il débute sa carrière en tant que Fabricant à l'imprimerie Technigraphic (groupe STF/Siep). En 2003 il est engagé par Le Point en tant que Fabricant puis Responsable fabrication pour gérer les titres de la filiale Sophia Publications (Historia, L’Histoire, La Recherche, Le Magazine LIttéraire et Epok/Fnac), ainsi que les livres édités par les Editions Tallandier pendant quelques temps. En 2016, suite au rachat de Sophia Publications par Claude Perdriel, il se voit également confier la fabrication de Challenges et Sciences & Avenir auparavant sous-traitée à L’Obs (groupe Le Monde).

 


A propos du groupe Challenges (Editions Croque Futur)

Le groupe publie l’hebdomadaire économique Challenges ainsi que les mensuels Sciences & Avenir-La Recherche, Historia, L’Histoire. Soit une centaine de parutions chaque année. Claude Perdriel possède 60% du capital, LVMH 40% (depuis mai 2021).