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Libre propos : L’action antidumping de l’UE à l’encontre du papier chinois constitue une menace significative pour l’industrie graphique en Europe par Liz Wilks, European sustainability manager, Asia Pulp & Paper

Libre propos : L’action antidumping de l’UE à l’encontre du papier chinois constitue une menace significative pour l’industrie graphique en Europe par Liz Wilks, European sustainability manager, Asia Pulp & Paper

Presse Edition 09/03/2011

La décision prise en novembre dernier par la Commission européenne, visant à imposer des droits antidumping provisoires sur les importations de Papier Fin Couché (PFC) provenant de Chine, constitue une menace significative pour l’industrie graphique en Europe et une menace pour l’emploi. Alors que la fabrication de PFC ne représente que 10.000 emplois dans les 27 pays de l’Union Européenne, l’industrie graphique emploie, elle, environ un million de personnes et génère également d’autres emplois indirects dans les industries sous-traitantes, telles que l’encre et les planches. Cette action antidumping représente donc un «but contre notre camp» potentiel mettant en péril les emplois européens de la profession.

Restreindre l’accès à une importante source internationale de papier de qualité proposé, de surcroit, à des prix mondiaux compétitifs, place les imprimeurs européens dans une situation difficile. En effet, ceux-ci sont à la merci de producteurs de papier couché établis en Europe Occidentale et dont la principale préoccupation vise à protéger leur position sur le marché et leurs propres intérêts. Leur permettant ainsi de pouvoir mieux orienter les prix du PFC sur les marchés européens. Dans ce contexte et par voie de conséquence, les entreprises graphiques européennes risquent de se tourner pour leurs impressions, vers des pays tiers en dehors de l’Union Européenne, où est accessible, à des prix mondialement compétitifs, du papier couché de qualité. Avec un tel scénario, des emplois, directs et indirects, de la chaîne graphique seront perdus en Europe.

Aujourd’hui, l’industrie du papier européenne au sens large est une industrie consolidée, avec de bonnes performances et un bon équilibre entre les importations et les exportations. En revanche, l’industrie graphique de l’UE est fragmentée et confrontée à des défis de longue date en raison du passage vers l’internet, mais aussi à des défis à court terme résultant de la récession économique actuelle. Les prix européens non-compétitifs pour le PFC ne feront qu’exacerber les problèmes et contrastes existants.

Les accusations protectionnistes portées à l’encontre du Papier Fin Couché chinois sont non seulement biaisées dans certains domaines mais pourraient aussi, en définitive, générer une augmentation des prix pour l’industrie graphique partout en Europe. Ironiquement, un fabricant européen d’importance majeure, a, d’ailleurs, déjà augmenté ses prix du PFC à trois reprises depuis l’introduction de la première affaire antidumping en février 2010 !

La décision de l’UE quant aux mesures antidumping provisoires repose curieusement sur des preuves peu convaincantes :
• la part de la Chine sur le marché du PFC en Europe est inférieure à 5%,
• le champs d’application de cette mesure est très étroit et ne couvre pas les bobines offset,
• l’UE a basé le calcul de la compétitivité des coûts de la Chine sur une comparaison avec l’économie des États-Unis, plutôt que sur une comparaison réaliste.

En résumé, les questions soulevées par cette affaire portent les marques d’un litige commercial classique entre une industrie de l’ancienne garde qui s’accroche à des mesures protectionnistes et de nouveaux arrivants sur le marché qui représentent une alternative sérieuse et font une réelle différence en termes de choix, de concurrence et de relation commerciale.

Ainsi, il nous semble aujourd’hui essentiel que tous les imprimeurs européens puissent s’exprimer franchement sur cette affaire, afin de garantir leur compétitivité et leur maintien sur le marché mondial des solutions d’impression de haute qualité et, ainsi, de préserver des emplois dont l’Europe a grand besoin.