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Dossier : Magazines de musique classique
3 titres dominent le marché

Dossier : Magazines de musique classique<br>3 titres dominent le marché

Presse Edition 20/11/2013

Classica, édité par Prélude & Fugue (Groupe Express-Roularta/Les Echos), Diapason, publié par le groupe Mondadori France et Opéra Magazine du groupe CFM dominent le marché de la musique classique qui totalise une diffusion moyenne mensuelle payée de 90.000 exemplaires.


Un marché de moins de 100.000 exemplaires/mois

Comparé aux 1,2 millions d’amateurs de musique classique et de lyrique recensés* la diffusion globale mensuelle des magazines de musique classique peut paraître modeste, mais comme l’explique le patron de Diapason, Sébastien Petit : «Cela fait tout de même 10% de cette population ! Ce marché est tiré par la vente de disques, quand les gens achetaient beaucoup de disques, ils achetaient des magazines pour les conseiller». Mais comme ils consomment moins de disques, ils consomment moins de magazines, élémentaire mon cher Watson ! Et pourtant cette famille de presse a vu, en l’espace de 4 ans sa diffusion totale payée progresser. De 82.997 exemplaires payés en 2010 elle est passée à 90.000 exemplaires en 2013, soit une progression de 7,8%. Tandis certains parvenaient à stabiliser leur diffusion, d’autres tels que Diapason et Opéra Magazine réussissaient le tour de force d’accroître leurs ventes sur une marché des magazines qui globalement, avait plutôt tendance à baisser.

Chiffres comparatifs de diffusion pour Classica et Diapason, période 2009/2013 (Source OJD)

DIAPASON
Période Tirage France payée Totale payée
2012/2013 59.156 / 30.908 / 37.798
2012 57.444 / 30.134 / 37.016
2011* 54.746 / 30.147 / 37.065
2010 52.187 / 30.000 / 36.044
2009 53.648 / 29.150 / 36.142

CLASSICA
Période Tirage France payée Totale payée
2012/2013 50.609 / 23.692 / 26.894
2012 50.472 / 24.170 / 27.423
2011* 51.172 / 24.572 / 27.980
2010 ** 52.967 / 25.689 / 29.370
2009 *** 55.575 / 27.734 / 31.953

*PV 2011 Ce document intègre dans des colonnes spécifiques, à partir de janvier 2011, les versions numériques issues de l’application de la nouvelle réglementation OJD concernant la Diffusion Numérique. Il convient donc de tenir compte de ces modifications pour interpréter les évolutions entre 2010 et 2011.
**PV 2010 Le Premier Procès-Verbal de Contrôle portait sur la période Avril à Décembre 2009.
***PV 2009 Ce premier contrôle porte sur la période de 04/2009 à 12/2009.


Un lectorat senior et plutôt masculin

Cœur de cible mixte, 35/49 ans, CSP ++ annonce dans son argumentaire commercial MediaObs, la régie d’Opéra. 66,4% d’hommes de plus de 50 ans renchérit Mondadori France Publicité pour Diapason. Des chiffres qui correspondent bien aux résultats des différentes études menées pour le compte de la SACEM ces dernières années. Entre 2005 et 2010, les 5 genres favoris des Français étaient
La chanson française (1er avec 66% et 51%),
 la musique classique (3e en 2005 avec 22%, 2e en 2010 avec 34%),
 les variétés internationales (4e avec 22%, 3ème avec 34%),
 le rock et la pop (2e avec 29%, 4e avec 31%),
- le jazz (5e avec 14% et 22%).

Sur les préférences musicales, la question de l’âge est déterminante : la préférence pour la chanson française comme pour la musique classique s’affirme avec l’âge.
Le classement 65 +: 

1- Musique classique - 66%

Le classement 50-64 ans :

1- Chanson française - 57%


2- Musique classique - 43%


nous révéle notamment l’étude réalisée par OpinionWay pour le compte de la SACEM en 2010.

Le challenge dans les prochaines années pour les responsables des titres de la presse musique classique est donc, en priorité, de rajeunir le lectorat, voire de rallier une audience plus largement féminine. Mais alors comment conquérir ces nouveaux lecteurs ?

Les éditeurs sont unanimes : aller à leur rencontre là où ils se trouvent, dans les festivals et concerts de musique classique, sur les points de vente de la distribution spécialisée, sur les chaînes radio de musique classique et sur les sites internet dédiés fréquentés par un population beaucoup plus jeune. L’étude dévoilée par la SACEM en 2011, du spectacle vivant en 2011 - focus sur les festivals - recensait 127 festivals de musique classique et contemporaine. Enfin à l’instar de Diapason partenaire de France Musique et Classica de Radio Classique, établir de solides partenariats qui permettent d’accroître son territoire, sa notoriété et sa visibilité.

Les nouvelles formules, un enjeu stratégique évident

Juillet 2011, Diapason qui entend élargir considérablement son coeur de cible, s’adresser à un lectorat moins spécialisé et conquérir un public de mélomanes plus jeunes, annonce sa nouvelle formule.

Le ton et les nouvelles rubriques sont plus pédagogiques et davantage axées sur la dimension émotionnelle de la musique classique. La maquette accorde plus de place à l’image, elle est beaucoup plus élégante, plus claire, et résolument haut de gamme. Avril 2013, c’est au tour de Prélude & Fugue, la société fondée en 2009, par le groupe Les Echos et le groupe Expresse Roularta, de dévoiler celle de Classica. Son Concept : nouvelle maquette plus aérée, modernisée, plus accessible, des rubriques enrichies, plus de reportages, de coulisses, de portraits en France et dans le Monde, pour aider les lecteurs à découvrir le meilleur des concerts, des dernières sorties CDs, DVDs, émissions. Des occasions pour les titres à communiquer et adapter la forme et le fond à un lectorat de plus en plus jeune.

Le marché publicitaire tiré par la hi-fi
Côté régie publicitaire, les titres de la presse magazine Musique classique opèrent essentiellement sur un marché captif constitué de spectacles vivants, festivals et concerts, labels de musique classique et visent de plus en plus un marché de la hi-fi, territoire historique de la revue Diapason, présent depuis toujours sur ce créneau, le seul magazine à intégrer un laboratoire d’essais et à réaliser des tests sur le matériel.

Les budgets grand public sont particulièrement absents pour cette famille de presse. Et pourtant, MediaObs, par exemple, la régie publicitaire d’Opéra, propose aux annonceurs différents couplages et notamment L’intégrale Luxe : 12 pages / 12 magazines, 1.750.000 lecteurs, 38.5000 exemplaires pour un forfait de 24.000 euros hors taxes. Cette offre est déclinée en 8 pages / 8 magazines, 7 pages / 7 magazines (culture), 2 pages / 2 magazines (concerto). A l'analyse de la pagination publicitaire du numéro d’octobre 2013 d’Opéra, aucun annonceur grand public n'a décliné cette offre. Pour Tristan Thomas l’éditeur de Classica il paraît difficile de développer ce troisième marché et préfère séduire davantage les annonceurs hi-fi, grâce notamment à un couplage avec L’Express.

Diversifier ses revenus

Mais pour Jean Brousse, Sébastien Petit et Tristan Thomas, des éditeurs à la recherche de nouveaux centres de profits et de diversification pour leurs marques, les solutions ne manquent pas. Pour Diapason cela passe par la production et la commercialisation, physique et numérique, de la collection de CD , les Indispensables et la publlication de guides d'achats tels qu le Guide d’Achat Home-cinéma, Le guide d'achat hi-fi.

Les responsables de Classica s’appuient plus particulièrement sur le numérique et le développement de formats commerciaux plus spécifiques sur le web, comme une newsletter et une offre spéciale hifi par exemple.
Quand à Opéra, son patron jean Brousse compte bien aller plus loin dans les services rendus à la communauté des amateurs d’opéra et développer de nouvelles offres tant pour les amateurs que pour les professionnels, des séminaires sur le management des opéras en France, de la billetterie et du e-commerce.
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A l’ère du téléchargement et du numérique, le CD offert dans chaque numéro a t-il encore du sens ?

A l’exception d’Opéra qui n’en propose pas à ses lecteurs, la réponse des éditeurs de Diapason et de Classica est oui ! Le public de ces magazines reste très attaché à la version CD des enregistrements.
Certains d’ailleurs comme Diapason en font un argument de vente supplémentaire et proposent deux CD dans chaque numéro. Pourtant, la fabrication des CD représente des coûts non négligeables pour l’éditeur, 0,25 centimes d’euros en moyenne pour un pressage de bonne qualité, plus les frais de conditionnement.

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Daniel Dussausaye, Jacques Versin



LES EDITEURS


Photo_Sebastien_Petitok.jpgEntretien avec Sébastien Petit,

éditeur de Diapason

La dernière nouvelle formule de Diapason date d’Août 2011 ?
Sébastien Petit : La dernière nouvelle formule date de 2011. Les attentes des lecteurs évoluant de plus en plus vite, nous devons faire évoluer les titres en permanence. Aussi, une évolution du magazine est à nouveau prévue pour le premier trimestre 2014. L’objectif est de rendre le magazine toujours plus accessible aux nouveaux lecteurs, tout en continuant de satisfaire les lecteurs-experts qui considèrent Diapason comme «La» référence dans les domaines du disque, des concerts et de la Hi-Fi.

A l’époque vous annonciez «Avec cette nouvelle formule, Diapason entend élargir considérablement son coeur de cible, s’adresser à un lectorat moins spécialisé et conquérir un public de mélomanes plus jeunes» !

Sébastien Petit : L’élargissement s’est fait au travers d’une maquette plus attractive, plus claire, plus élégante, qui accorde davantage de place à l’image. Grâce aussi à une politique marketing plus offensive qui s’est notamment caractérisée par la systématisation chaque mois d’un deuxième CD, proposant une œuvre intégrale. Désormais, chaque numéro est vendu avec deux CD : le CD des Diapason d’or, proposant les extraits des plus beaux disques du mois et un CD de la collection «Les indispensables de Diapason» qui reprend des enregistrements de référence.

Vous continuez à produire et à diffuser des CD ?

Sébastien Petit : De nombreux lecteurs sont encore attachés au support physique et nous avons de nombreux audiophiles parmi nos lecteurs. En terme de qualité, restituer la qualité d’un CD avec des fichiers numériques demande un équipement Hi-fi relativement sophistiqué et une bonne connaissance avec ces nouveaux appareils. Mais cette question se posera forcément dans un avenir proche.

Pourtant vous avez mis en place pour les CD Diapason

«Indispensables» un service de téléchargement en ligne ?
Sébastien Petit : Oui, parce que les plus jeunes lecteurs consomment de plus en plus la musique en numérique, même pour le classique. C’est l’un des développements majeurs de cette année. Nous avons digitalisé l’intégralité des œuvres «Indispensables Diapason» proposées chaque mois avec le magazine. Celles-ci sont désormais accessibles sur toutes les plateformes de téléchargement du marché iTunes, Qobuz, Amazon… Plus de 1.000 albums ont déjà été téléchargés en 2 mois, dont 25% à l’étranger (USA, Japon..), où la marque Diapason d’Or est également référente. Cela commence à constituer une source de revenus non négligeables et un axe fort de développement dans les prochaines années.

Aujourd’hui vous êtes en tête avec 30.908 exemplaires payés pour la France*. Depuis le lancement de la nouvelle formule en 2011, les ventes de Diapason ont-elles progressé ?
Sébastien Petit : La nouvelle formule a permis de maintenir la diffusion au-dessus des 30.000 exemplaires ces dernières années, avec une tendance en progression (+0,6% cette année). Une belle performance sur le marché très ciblé sur lequel nous opérons.
*OJD DSH DFP 2012-2013

Développez-vous surtout votre portefeuille d’abonnés ou vos ventes en kiosques ?

Sébatien Petit : Avoir une vente kiosque dynamique est une nécessité à la vitalité d’un titre : il nous permet de faire découvrir le magazine et ainsi renouveler le portefeuille abonné qui, par ailleurs, poursuit sa progression (13.827 abonnés*, + 1.8% vs DFP 11/12).

Comment opérez-vous la mutation du titre dans le numérique ?

Sébastien Petit : Nous disposons d’un site dédié - www.diapasonmag.fr dont une nouvelle version vient de sortir. Nous avons de réelles ambitions, en termes d’audience, comme de publicité. Ce nouveau site s’est accompagné de la mise en place d’un outil de publication bi-média au sein de la rédaction, qui permet de vraies synergies entre le magazine et le site. Outre le site, les amateurs de musique classique peuvent acheter la version PDF de Diapason sur toutes les plateformes numériques, comme pour l’ensemble des titres de Mondadori d’ailleurs.

Quelle est l’importance du trafic sur le site ?

Sébastien Petit : Les audiences sont relativement modestes aujourd’hui, puisque la nouvelle version du site commence tout juste à bénéficier du référencement Google. Les prochaines semaines verront la mise en place d’outils marketing de trafic et la systématisation de complémentarités éditoriales print-web.

Vous vous êtes également lancé dans une politique de

diversification ?
Sébastien Petit : Au travers de la commercialisation - physique et numérique - de nos CD «Indispensables». Nous avons également développé un important partenariat avec le site Qobuz, leader de la musique classique en ligne, sur lequel nous disposons d’un espace dédié à Diapason www.qobuz.com/diapason où nous jouons pleinement notre rôle de prescripteur. Nous poursuivons également notre diversification magazine, à l’instar du nouveau « Guide d’Achat Home-cinéma », actuellement en vente en kiosques.

Vos projets pour 2014 ?

Sébastien Petit : Outre la nouvelle formule de Diapason au premier trimestre 2014, le déploiement de notre activité d’éditeur de CD, et le développement de l’audience du site, nous envisageons la mise en place de services nomades, sous forme d’application Smartphone.
Enfin, nous lancerons prochainement une version anglaise de Diapason, uniquement sur iPad, à destination de l’étranger. La musique classique à cette chance d’être véritablement universelle, et la marque Diapason d’être connue et reconnue dans de nombreux pays.

Sébastien Petit est diplômé de l’ESSEC en 1997.Chef de produit marketing chez Walt Disney Vidéo (1996-1998) puis Hachette Livre (98-2000). Directeur marketing de la start-up Woonoz.com entre 2000 et 2002. Arrivé chez Emap en 2002 comme responsable marketing de FHM, puis du pôle Attitude (FHM + Max). Directeur marketing du pôle Science&Vie puis directeur d’édition en charge du développement. Nommé en 2012 éditeur des titres de Top Santé, Vital, Réponses Photo et Diapason.


2011 © Christine Soler

solerok.jpgEntretien avec Tristan Thomas,

éditeur délégué de Classica


Vous êtes éditeur adjoint de L’Express et éditeur délégué des titres Culturels du groupe : Lire, Classica, Pianiste et Studio. Existe-t-il une synergie entre ces différents titres ?
Tristan Thomas : Dans l’organigramme du Groupe Express-Roularta, la culture est rattachée à l’hebdomadaire L’Express. Ce que nous appelons le pôle news-culture publie des magazines dits grand public dont les lecteurs ont des profils similaires, c’est dire à CESP +. Ces magazines mensuels ou bimestriels fonctionnent en centres d’expertise pour L’Express. Le Monsieur musique classique de l’hebdo, Bertrand Dermoncourt, est également le Directeur de la rédaction de Classica, de même que François Busnel est Directeur de la rédaction de Lire et chroniqueur dans les pages livres de L’Express.


En Avril 2013, vous annoncez une nouvelle formule de
Classica ?
Tristan Thomas : Dans le groupe, nous estimons la durée de vie d’une formule de magazine à trois ou quatre ans. Nous opérons dans un univers concurrentiel où on se doit d’être toujours en avance et à l’offensive. Nous devons nous renouveler et réadapter notre discours en permanence, tant pour nos lecteurs que pour le marché. Classica est perçu par son lectorat comme étant un magazine jeune, dynamique et moderne. Une image que nous devons défendre et conforter.


Globalement, le lectorat des magazines de musique classique est masculin et plutôt âgé. Comment allez-vous élargir, rajeunir et féminiser le lectorat de
Classica ?
Tristan Thomas : Pour le magazine papier, nous croyons beaucoup à une approche moderne et un peu glamour de la musique et notamment de l’opéra. Nous allons mettre davantage l’accent sur les acteurs de la musique. Ceux qui font rêver et qui animent le monde du classique, les musiciens et ses stars. Pour l’édition numérique, nous croyons aux tablettes, qui sont parfaitement adaptées au classique et à la thématique musicale, puisque par définition, nos lecteurs sont des gens qui veulent écouter de la musique. La musique est incrustée dans la version enrichie tablette du magazine.

Cela passe également par de nouveaux canaux de distribution ?

Tristan Thomas : En effet, traditionnellement, pour la distribution de leurs magazines et de leurs titres, les éditeurs s’appuient depuis toujours sur les messageries et la vente en kiosques. Mais aujourd’hui, le véritable challenge, c’est de changer de stratégie et de se trouver là où sont les lecteurs. Bien souvent, les groupes de presse n’ont pas suffisamment d’expertise pour exploiter ces canaux. Nous devons aller à la rencontre de nos lecteurs potentiels dans les salles de concert, dans les festivals. Là où se fait la musique et où les gens achètent de la musique, dans les enseignes culturelles de la grande distribution par exemple.

En quoi consiste l’offre numérique classica ?

Tristan thomas : Ce sont des applis liseuses en format PDF qui peuvent être enrichies. Cela représente aujourd’hui un peu plus de 500 acheteurs par numéro. Cette version est enrichie par l’équipe du print, il n’y a pas de rédaction dédiée donc pas de coûts supplémentaires. Nous avons réussi à créer une organisation souple qui travaille sur le print, la tablette et sur le site que nous venons de développer avec Radio Classique, notre partenaire radio.

Quelle est la nature de votre partenariat avec Radio Classique ?
Tristan Thomas : C’est un partenariat naturel, puisque Radio Classique est la propriété du groupe les Echos, actionnaire à nos côtés de Classica. Nous avons développé une offre vraiment forte pour les lecteurs et les marchés. La collaboration est effective à l’antenne de la radio et dans le magazine. Des collaborateurs de radio classique écrivent dans le magazine, Alain Duault par exemple ou Olivier Bellamy, de même que Classica est très présent à l’antenne. Mais ce partenariat est également commercial puisque nous avons une régie publicitaire commune, Les Echos Média, Pôle Musique, qui vend à la fois la radio et le magazine.

Vous venez de lancer le nouveau site Radioclassique ? quels sont pour vous les enjeux de ce partenariat ?

Tristan Thomas : Le nouveau site radio classique, est à l’image des partenariats que nous réalisons d’une manière générale : pragmatique. Le site Radio Classique est important pour nous car il possède un levier essentiel, le player. De plus en plus de gens écoutent la radio via internet. Le site Radio Classique a donc tout le potentiel pour générer un trafic important. Chez Classica nous n’avons pas de site et nous n’allons pas investir, faute de modèle économique pour ce type de presse magazine. En revanche nous avons les contenus écrits que n’a pas Radio classique. Je profite donc d’un média nouveau, avec un public affinitaire à qui on peut faire découvrir le magazine. Nous bénéficions d’un levier de visibilité et d’un support commercial que nous pouvons désormais utiliser, ne serait ce que pour le recrutement d’abonnés. Le recrutement d’abonnés sur internet est devenu assez essentiel, car même si les volumes ne sont pas à la hauteur de ce que rapportent les canaux traditionnels, cela reste un outil de prospection très économique. Et si l’on fait les choses de manière intelligente, cela peut rapporter pas mal d’abonnés. A titre d’exemple, des magazines comme Lire ou Pianiste, qui disposent de leurs propres sites, recrutent respectivement sur le Web près de 4.000 et 1.000 abonnés cette année.

Comment pensez-vous monétiser l’audience sur ce site ?

Tristan Thomas : Nous étudions avec nos partenaires les Echos Média et Radio Classique les moyens de développer des formats commerciaux plus spécifiques sur le web, comme une newsletter ou une offre spécial hifi par exemple.

Côté régie, souhaitez-vous développer davantage les annonceurs hors marché captif ?
Tristan Thomas : Il y a trois ans, le marché hors captif ne représentait que 10.000 euros de chiffre d’affaires. Aujourd’hui, nous réalisons environ 7 fois plus. Nous avons tenté des couplages avec d’autres titres du groupe, mais cela ne fonctionne pas forcément. Par contre, nous sommes persuadés que certains annonceurs de L’Express, dans la hi-fi par exemple, puissent trouver un intérêt dans une offre couplée L’Express + Classica.

Vous offrez aux acheteurs de Classica un CD Rom dans chaque numéro. Est-ce indispensable ?
Tristan Thomas : Le CD fait partie intégrante de la revue. C’est incontournable. Nous avons évidemment réfléchi à sa dématérialisation, mais cela n’est valable que pour certains types de publics. Le lecteur de Classica adore le disque, reste attaché à sa discothèque comme d’autres sont attachés à leur bibliothèque et ne souhaitent pas voir tout dématérialisé.

Tristan Thomas, né en 1979 est diplômé de l’Institut d’Études
Politiques de Rennes. Il intègre le Groupe Express- Roularta en 2004, chargé d’accompagner la cession de l’hebdomadaire La Vie Financière. En charge des portefeuilles des pôles «Culture» et «activités digitales» au contrôle de gestion jusqu’en 2008, il est nommé à l’édition déléguée de L’Express et du pôle «presse Grand Public» (Lire, Classica, Pianiste…), fonction qu’il occupe encore aujourd’hui.


jbok.jpgEntretien avec Jean Brousse,

directeur d’Opéra Magazine

Comment Opéra Magazine se positionne par rapport aux autres magazines de musique classique ?
Jean Brousse : Un positionnement extrêmement clair, le magazine des amateurs d’Opéra. Par rapport aux autres titres du marché, Classica et Diapason, qui sont des magazines généralistes, contenant des rubriques opéra, Opéra Magazine est exclusivement consacré à l’opéra.

Comment expliquez-vous le succès que rencontre Opéra Magazine auprès de ses lecteurs et quels sont ses points forts ?
Jean Brousse : les lecteurs d’Opéra Magazine apprécient les compétences de la rédaction du magazine, leur connaissance des œuvres, des productions, des artistes, la justesse des jugements et des critiques . Nos lecteurs disent qu’il n’y a pas d’erreurs dans Opéra Magazine. Lorsqu’on écrit que Natalie Desay a chanté dans telle production, tel jour, tel rôle, tout est exact, précis, vérifié, contrôlé.
Le magazine est composé de trois parties principales : un grand dossier, sur un artiste, une œuvre, un chef d’orchestre… ; le compte rendu des productions et enfin un agenda très complet, quasiment exhaustif .

Comment est structurée la rédaction d’
Opéra Magazine ?
Jean Brousse : Une équipe dédiée de 3 collaborateurs dirigée par Richard Martet, son rédacteur en chef, depuis 25 ans et un important réseau de correspondants et de pigistes.

Baisse globale de la presse musique depuis 2009 d’environ 5/6%. Les diffusions cumulées de Classica, Diapason et Opéra Magazine s’élèvent à moins de 100.000 exemplaires/mois. Pour une population de passionnés d'art lyrique estimée à 1,2 millions, on peut être surpris par la modicité des chiffres annoncés par les magazines !
Jean Brousse : Le lyrique et l’opéra bénéficient aujourd’hui d’un engouement d’un public de plus en plus jeune et nous voulons profiter de ce phénomène pour augmenter notre audience auprès ces publics et cette conquête passera en priorité par le développement d’une offre numérique plus importante et plus innovante.

Comment comptez-vous conquérir ce lectorat ?

Jean Brousse : Nous devons bien évidemment augmenter la diffusion du magazine sur une cible plus jeune et surtout aller plus loin dans les services que nous pouvons proposer à la communauté des amateurs d’opéra. Nous devons également profiter de notre mutation vers le numérique pour créer un lien fort avec la communauté des amateurs d’opéra et établir avec elle une grande interactivité, une grande complicité.

Côté commercial ?
Jean Brousse : Nous opérons sur deux marchés l’un dirigé par Delphine Rudler, directrice commerciale, qui traite le captif, y compris les productions elles-mêmes, l’opéra, les festivals, les maisons de disques et labels… et une régie extérieure, MediaObs, qui nous intègre dans des offres de couplage qui touchent les mêmes cibles sur le marché du luxe. Notre chiffre d’affaires publicitaire augmente régulièrement sur ces deux marchés et notamment sur le captif grâce à des opérations de partenariat avec de grandes entreprises impliquées dans le lyrique.

Avez-vous d’autres projets pour augmenter la diffusion de la marque et son audience ?

Jean Brousse : Aller plus loin dans les services rendus à la communauté des amateurs d’opéra. Développer de nouvelles offres tant pour les amateurs que pour les professionnels, des séminaires professionnels sur le management des opéras en France par exemple. Aller plus loin dans la partie éditoriale, y compris dans le numérique. Donc proposer plus de vidéo et développer des sujets sur le making off des productions. De la billetterie, du e-commerce. Organiser Créer plus de lien, plus de proximité entre nos lecteurs et les artistes, les chefs d’orchestres, en organisant des rencontres, des conférences, des débats, des tables rondes.

Corrézien, né le 9 mai 1947 à Le Lonzac, jean Brousse, Conseil d’entreprises et administrateur de sociétés, est ingénieur de l’Ecole Supérieure d’Electricité. Docteur en économie appliquée, il est titulaire d’un diplôme de 3ème cycle en sociologie, a suivi le Stanford executive program. De 1980 à 1994, il exerce à la direction générale de GSI (Stratégie et marketing, communication et qualité). En 1987, il devient administrateur – actif - et directeur de collection au Cherche Midi Editeur. Jean Brousse est aujourd’hui Co/président de Tendances-Institut, observatoire du web. Il est administrateur du groupe Centre France/ La Montagne – Président de Centre France numérique et directeur d’Opéra Magazine - et du groupe Darome/Daregal, éditeur au Cherche Midi et chez Descartes et Cie.
En 2012, Jean Brousse, se voit confier la direction d’Opéra Magazine, par Edith Caillard, la Présidente du groupe Centre France. Ses missions : développer la diffusion du magazine, rajeunir son lectorat et mettre en place, à l’horizon du printemps 2014, une plateforme numérique proposant de nombreux services à la communauté des amateurs d’opéra.



Classicaok.jpgFICHE CLASSICA
Éditeur : Prélude & Fugue
Groupe Express Roularta
/LES ECHOS
• directeur de la publication : Rik de Nolf
• éditeur délégué : Tristan Thomas
• directeur de la rédaction : Bertrand Dermoncourt

• rédacteur en chef : Jérémie Rousseau

• directrice artistique : Isabelle Gelbwachs

• directeur adjoint de la publicité : Matthieu Chauvin
• directrice de clientèle : Stéphanie Gaillard

• responsable de fabrication : Laurence Bideau


• prix : 7,90 €
• périodicité : mensuelle
• pagination : 148 pages

• format : 202 x 267


• diffusion : 27.423 exemplaires (OJD DSH 2012)

• site internet : www.radioclassique.fr

diapasono.jpgFICHE DIAPASON

Éditeur : Mondadori France 

• éditeur : Sébastien Petit

• rédacteur en chef : Emmanuel Dupuy

• direction artistique : Celma Martinet


• directeur de la publicité : Gilles Cardon


• directeur de la diffusion : Jean-Charles Guerault


• responsable de la fabrication : Daniel Rougier, Agnès Collin


• prix : 7,90 €
• périodicité : mensuelle

• pagination : 156 pages

• format : 220 X 280

• diffusion France payée : 30.908 exemplaires (OJD DSH 2012/13)

• site : http://www.diapasonmag.fr

M3108.jpgFICHE OPERA MAGAZINE
Éditeur : CFM
• directeur de la publication : Jean Brousse
• rédacteur en chef : Richard Martet
• direction artistique : Philippe Caubit
• directeur de la publicité : Delphine Rudler
• périodicité : mensuelle
• prix : 7,50 €
• pagination : 100 pages
• format : 230 X 300
• diffusion totale France payée : 23.000 exemplaires dont 4.500 abonnés
• site : www.opera-magazine.com


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